Tu as fait combien de kilomètres ? marché combien de temps ?
J'ai passé trois jours à Cork, suivis de deux semaines de marche, et finalement de deux jours à Galway.
J'ai marché un total de 340km, avec deux jours de pause. Ma moyenne était de 30km par jour, la plus grosse journée étant de 41km.
Voilà mon itinéraire grossier, sur lequel chaque point représente l'endroit où j'ai passé une nuit.
Voilà sinon un itinéraire plus détaillé.

Où est-ce que tu dormais ?
Il y a malheureusement très peu de campings en Irlande. Donc quand il était 18h (une heure avant la nuit), je frappais à la porte d'une maison et demandais un coin de pré ou de pelouse pour y planter la tente. Très souvent les gens m'invitaient chez eux, prétextant qu'il faisait trop froid ou trop humide. J'ai donc eu la chance de passer beaucoup de nuits au chaud, et j'ai ainsi fait de bonnes et nombreuses rencontres. J'aidais souvent les enfants à faire leurs devoirs de maths et de français, je parlais de mon voyage à mes hôtes, et j'avais souvent un petit déjeuner en prime le matin.

Pourquoi l'Irlande ?
Je devais me rendre à Cork pour présenter mes travaux de recherche de master. Le thème de la conférence était "l'apprentissage basé sur je jeu". J'allais donc être de toute façon en Irlande en octobre, et le trajet en avion était financé par mon université.

Mais il ne pleuvait pas trop ?
Il pleut tous les jours en Irlande, mais généralement ça ne dure que peu de temps. Il m'est arrivé de marcher 3 heures d'affilée sous la pluie, mais avec l'équipement adapté ce n'est pas un problème. Et puis... plus il y a de pluie, plus il y a d'arc-en-ciels ! J'en ai vu presque tous les jours.

Tu as fait le voyage tout seul ?
Oui j'étais seul, mais pas sans aide ! J'ai voyagé avec le sac à dos de Dominique (alias papa), le tapis de sol de Catherine (alias maman), le sac de couchage d'Etienne (alias frèrot), la tente d'Hugo, le soutien d'Émeline, la gentillesse des Irlandais, et bien d'autres choses. Je vous remercie tous au passage.

Mais pourquoi faire ça ??
Dans ce monde si complexe, j'avais une grande envie de simplicité, et de repos non pas pour mon corps mais pour mon cerveau. En France je dois sans cesse aménager un planning chargé en fonction de mes envies et des nombreuses contraintes de la vie. Pendant cette expérience en Irlande au contraire, je pouvais compter sur les doigts d'une main les objets que je possédais, les activités auxquelles j'avais accès, les personnes autour de moi avec qui j'étais en contact, et surtout les obligations auxquelles je devais me soustraire. C'est ça que j'appelle avoir une vie simple.
Ça m'a procuré un grand sentiment de liberté, et pas seulement pendant cette période. En effet, j'ai constaté que je pouvais prendre du bon temps et faire des rencontres facilement, et pourtant sans avoir de logement, ni posséder beaucoup d'affaires, ni dépenser beaucoup d'argent. Cette expérience a donc été un moyen de se sentir indépendant de mes possessions, et maintenant je n'ai plus à craindre de me retrouver perdu ou sans maison pour un temps.

Pourquoi avoir changé la date du retour ?
En effet, j'ai avancé de deux semaines mon avion pour la France. La première raison est que j'avais fait en Irlande ce que je voulais y faire. Évidemment il reste tellement de choses à y voir ! Je suis par exemple passé à 30 km du Connemara sans aller y faire un tour. Mais c'est pour vivre un expérience que je suis parti en Irlande, et pas tant pour "voir des choses".
C'est le 10ème jour de marche que j'ai pris ma décision. Ce soir là j'ai eu énormément de mal à trouver un endroit où dormir. J'étais dans une zone rurale très peu peuplée, et il faisait déjà sombre quand j'ai trouvé des maisons. Quand j'ai trouvé des portes où frapper, je suis tombé sur des personnes âgées qui avaient peur de moi et n'ouvraient même pas la porte. Les prés ne semblaient pas être une solution pour planter la tente car ils étaient déjà occupés par des vaches. J'ai aussi essayé d'aller dans les bois mais des aboiements de chiens m'ont fait renoncer. J'ai finalement trouvé une gentille famille pour m'accueillir, mais j'ai décidé de ne plus me retrouver dans cette situation, avec le stress de ne pas savoir où dormir alors qu'il fait déjà nuit. C'est pourquoi j'ai passé les nuits restantes en auberge de jeunesse.

C'était pas trop dur physiquement ?
Je ne me suis senti fatigué presque à aucun moment. C'était même un grand plaisir de marcher. Évidemment mes pieds n'ont pas échappé aux ampoules... mais cela ne m'a pas arrêté. Par contre une hanche me faisait mal les derniers jours, et les douleurs articulaires peuvent avoir plus de conséquences à long terme que des ampoules. Ça a été une autre raison pour ne pas continuer le périple.

Tu aurais pu le faire en vélo !
Voyager à pieds ou en vélo c'est pour moi la même philosophie : ralentir et avoir le temps d'observer ce qui se passe autour de nous (et en bonus, sans rejeter de CO²). Pour ce voyage, il était simplement plus facile de mettre des chaussures de marche dans mon sac à dos que de mettre un vélo dans l'avion.

Si vous avez d'autres questions je vous invite à laisser des commentaies sur l'article.

Bon voyage !